La Presse Étrangère Se Mêle De L’affaire Des Gazelles Oryx

Au Sénégal, plusieurs activistes appellent à la démission du ministre de l’environnement Abdou Karim Sall. La mort de deux espèces protégées au cours du transfert de six gazelles Oryx dans une réserve privée crée une polémique.

Cette réserve est supposée être la propriété du ministre, selon plusieurs activistes de l’environnement et des médias locaux.

Dans un communiqué, le ministre admet le transfert de six gazelles oryx et la mort de deux d’entre elles mais n’a pas nié le fait que la réserve privée lui appartienne. Il ne l’a pas non plus confirmé.

« Deux espèces sont mortes durant leur convoyage nocturne. Elles ont quelques blessures et une fracture du fémur qui leur ont été fatales », indique le communiqué.

Selon le ministre, ce transfert n’était pas une simple manœuvre individuelle, mais il entrait « dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de conservation de la biodiversité ».

La BBC a cherché à joindre Abdou Karim Sall pour savoir si la ferme lui appartient, tentative sans succès.

Des activistes et des défenseurs de l’environnement appellent à la démission du ministre. Selon certains d’entre eux, le ministre prouve « qu’il n’a pas à cœur la défense des espèces protégées ».

Cheikh Oumar Sy est un ancien député. Il est très actif dans la défense de plusieurs causes. A ses yeux, le ministre doit démissionner ou être démis de ses fonctions car « il prouve qu’il n’est pas la personne idéale pour sauvegarder les espèces protégées ».

Le colonel Moumar Guèye est un spécialiste de la faune. Ancien conservateur de parcs, il explique que l’Oryx gazelle est un animal intégralement protégé.

« Ces animaux sont soumis à la convention de Washington et cette convention oblige les Etats à protéger ces animaux. Même les cornes, les peaux et autres venant de ces animaux sont interdits de vente ou de circulation », soutient le spécialiste.

Il estime par ailleurs que le ministre doit des explications aux Sénégalais.

« Le communiqué qu’il a rendu public n’est pas suffisant pour éclairer la lanterne des Sénégalais et des techniciens spécialisés de la faune », déclare-t-il.

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