Mali: la manifestation du M5 contre IBK dégénère à Bamako

Le mouvement M5, né début juin et composé d’une partie de la société civile, de l’opposition politique et de religieux, a organisé sa troisième manifestation ce vendredi pour réclamer la démission du chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta. La manifestation a rapidement dégénéré. Un premier bilan fait état d’au moins un mort et de plusieurs blessés.

Le rassemblement a commencé après la grande prière du vendredi, même si à la mi-journée, il y avait déjà quelques organisateurs et manifestants sur la place de l’indépendance à Bamako. Sur place, des pancartes et des banderoles réclamaient « IBK dégage » ou encore « Nous voulons le changement ». Des forces de défense et de sécurité ont été déployées, notamment sur les principaux axes de circulation, rapporte notre correspondant à Bamako, Serge Daniel.

Dans son discours télévisé mercredi soir, le chef de l’État IBK a renouvelé sa confiance à l’actuel Premier ministre Boubou Cissé. La dissolution de l’Assemblée nationale ne serait pas juste, a-t-il ajouté, car elle priverait de leurs sièges tous ceux qui ont été élus sans contestation.

Appel à la désobéissance civile

Alors ce vendredi, le M5 a haussé le ton. Il a appelé à une nouvelle mobilisation et pour la première fois à la désobéissance civile sur toute l’étendue du territoire.

Aux alentours de 21h, les manifestants bloquaient encore la circulation, des pneus continuaient de brûler et des barricades avaient été érigées par des jeunes sur l’axe reliant le sud de la ville au centre-ville, où se trouve la Cité administrative, le siège de nombreux ministères. Dans le sud de la ville toujours, des automobilistes sont restés bloqués à cause de barricades au niveau de nombreux carrefours. En fin de journée, des manifestants interdisaient aussi l’accès à l’aéroport.

Barricades et occupation de l’ORTM

Un peu plus tôt dans l’après-midi, à la tribune place de l’Indépendance, le lieu de la manifestation, l’un des leaders du M5 avait appelé à occuper la devanture de l’ORTM, la télévision nationale, la primature et l’Assemblée nationale, rapporte notre correspondante à Bamako, Coralie Pierret.

Après les discours, une foule de manifestants s’est dirigée vers l’ORTM. Ils ont investi la cour de l’ORTM. La télévision nationale a cessé d’émettre, avant que ses programmes ne reprennent dans la soirée. Au même moment, d’autres Bamakois sont partis en direction du Parlement du Mali, puis des flammes ont été aperçues à proximité de l’institution.

La démission d’IBK, priorité du M5

La dernière résolution du Mouvement du 5-Juin date de ce jeudi et le mouvement de contestation ne mâche pas ses mots. La démission du chef de l’État redevient la priorité des priorités, selon ce texte signé par les trois organisations qui composent le M5.

Cette revendication initiale avait été mise au second plan dans le mémorandum du 30 juin. Pour sortir de la crise politique, l’opposition proposait alors de nommer un nouveau Premier ministre et de dissoudre la nouvelle Assemblée nationale contestée depuis les législatives d’avril. Des propositions qui ne semblent pas à l’ordre du jour à la présidence.

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